Le jour J est arrivé…. Je vais enfin pouvoir le serrer dans mes bras…

Ca y est… le jour J a sonné… celui du départ à la maternité…

Petit récit de ce qui sera les 1ères heures d’une nouvelle vie!

Le vendredi 27 décembre 2013, toute l’après-midi, nous avons été faire quelques boutiques avec mon homme, puis aux alentours de 19h30, allons à Auchan faire quelques courses pour la semaine à venir. Vers 20h, j’éternue et une « fuite » urinaire me surprend assez au vu de son abondance (plus que d’habitude… oui ca m’est arrivé plusieurs fois enceinte d’avoir des fuites pendant des éternuements ! lol). N’étant pas à l’aise, je sors du magasin et je vais aux toilettes dans la galerie afin de vérifier que tout va bien et surtout m’essuyer ! lol

Me revoilà dans le magasin où je retrouve mon homme et je lui fais part que je commence à fatiguer et mes jambes encore plus enfler… Nous nous dépêchons et terminons nos courses.

Nous avions envie d’une petite soirée sympa en amoureux : soirée raclette ! Tout était prévu, fromage de 3 sortes différentes, charcuterie crue pour monsieur, cuite pour moi, bref,… on avait la dalle !

Passage en caisse terminé, nous nous dirigeons vers la sortie de ce grand magasin, par la galerie marchande… alors que nous marchions en train de saliver à l’idée que nous allions enfin caler notre gros creux avec cette bonne raclette, je sens un flot chaud dégoulinant le long de mes jambes…. En l’espace de 4/5 secondes, je ne dis rien, ne pensant pas que ca puisse être ce que je pense… Je fais un autre pas et là, ca coule de plus belle… A cet instant, une sueur froide m’envahit… je perds les eaux, qu’est-ce que ca pourrait être d’autre !?  Jamais une telle sensation ne m’est arrivée… je suis trempée ! Comme sortant d’une piscine toute habillée ! Il est 21h, nous sommes dans cette galerie, je saisis doucement le bras de mon homme, marque un arrêt sur place, et je lui dis un sourire nerveux et inquiet sur mon visage : »Arnaud, je ne plaisante pas, je crois que je perds les eaux »…Réaction de mon homme aussi déroutante que je le suis : « ah bon ? C’est vrai ?»… Il ne réalise pas.. Remarquez, moi non plus… Attendant une confirmation de mon corps, car je n’ose y croire (on m’avait dit que la perte des eaux pour un 1er c’était rare…) je continue de marcher et à chaque pas, je ne peux m’empêcher de lui dire un sourire nerveux aux lèvres : « je confirme ! C’est sur c’est ça, ça ne peut pas être autre chose ». « Je confirme c’est sur… » « Je reconfirme ».

 

Nous élaborons alors notre organisation « en catastrophe »… Lui voulant m’amener de suite à l’hôpital, moi lui disant « écoute je n’ai pas mal, je suis juste en train de perdre une quantité de flotte hallucinante ! » … Mon esprit pratique et rationnel me fait prendre la décision de rentrer chez nous (5 min du supermarché), ranger les produits frais (mince ca coute cher !) et de faire un bisou à notre toutoune déjà restée plus de 5h toute seule à la maison l’après-midi… Nous n’avons personne de notre entourage à proximité, mes parents étant à une heure de route… Donc je pense à ma chienne, aux produits frais, et au fait de prendre une douche !

Arrivés à la maison, sur le pas de la porte, l’inondation continue, j’en mets partout ! J’hallucine ! « Autant de flotte dans ce bidon ! Bébé ne va plus en avoir ! ». Je me déshabille, je prends ma douche, je continue à perdre les eaux et me demande à ce moment là, comment je vais faire pour m’habiller sans en remettre partout… en fait c’est impossible.. Je sors de la baignoire et bam rebelotte !… Tant pis je m’habille et je profite pour mettre une vieille culotte qui finira à la poubelle…Mon pantalon est vite trempé…quelle sensation désagréable que d’être trempée de la sorte ! lol… Pendant que je finis de me « préparer », mon homme appelle les urgences pour avoir la conduite à tenir et des conseils à suivre en attendant que l’on arrive sur place.

Je mets une serviette de toilettes sous moi (moi à califourchon sur la serviette), le temps du trajet car ca n’arrête pas de couler…

Il est 22 heures, nous arrivons aux urgences mère-enfant du CH d’Avignon…

Je suis à l’accueil de ces urgences, et j’attends debout, qu’on s’occupe de moi en train de me liquéfier sur place, pendant que mon homme gare la voiture… Une femme avec son petit est déjà à l’accueil… je trouve cela moyen qu’on me laisse comme ça, mais bon… c’est mon tour, on fait les papiers et enfin je suis admise (toujours debout) dans le service maternité à 22h15…. Mon homme arrive à ce moment là.

Une auxiliaire puéricultrice adorable s’occupe de moi, me donne une couche (qui finalement ne servira pas à grand-chose vu la quantité d’eau que je perds…) et m’amène dans une salle pour que je la mette… J’attends une 10ne de minutes dans cette 1ere salle…

Elle revient puis m’amène dans une autre salle et commence à nous parler, moi bien en forme encore malgré une grande faim. On plaisante, rigole ensemble, tout va bien…Elle me dit que quoiqu’il arrive ils me gardent car j’ai perdu les eaux…

La sage-femme arrive et m’ausculte… mon col est ouvert à 2 doigts.

On m’emmène dans une nouvelle salle, cette fois, dans le bloc accouchement et la sage-femme me pose le cathéter après m’avoir loupé à gauche (aie aie aie, elle m’a bien fait jongler !) Mon homme avait mal pour moi en voyant ma tête et en voyant comme elle s’acharnait alors qu’elle était à coté de la veine ! Du coup je lui dis de piquer l’autre poignet, parce que là, vraiment j’ai trop mal ! Pose du cathéter réussie à droite… ouf !
Devant le fait que mon col n’est ouvert qu’à 2 doigts et que le travail n’a pas encore commencé vu que je n’ai pas de contractions douloureuses (juste des non-douloureuses), à 23h, on m’attribue une chambre dans le service maternité (chambre 415 – unité kangourou), la seule disponible… pour attendre que les contractions efficaces arrivent et donc que le début du travail se déclenche… La sage-femme me dit qu’elle me donne la nuit pour que le travail se déclenche seul, sinon, je serai déclenchée le lendemain matin vers 8/9h…

Je demande si par hasard je peux manger quelque chose car j’ai trop faim ! Il est 1h30 du matin et je mange un plateau repas froid vu l’heure mais ca me (nous) cale un peu !
Je ne dors pas de la nuit, j’ai des contractions mais pas encore trop trop douloureuses, juste ce qu’il faut pour ne pas que je dorme…

 

Le matin du samedi 28 décembre 2013 arrive….enfin….je n’ai effectivement pas dormi…. Je suis impatiente et en même temps j’appréhende… il est 8h00 et j’attends l’arrivée de la sage-femme pour me descendre au bloc accouchement…8h30 toujours personne…9h00 j’attends toujours… Les contractions sont plus fortes mais largement supportables… ca contracte, je le sens de façon un peu douloureuse mais rien d’insupportable. Vers 10h/11h, une sage-femme vient m’ausculter pour voir l’évolution et m’annonce qu’il n’y a pas de place en bloc accouchement… dès qu’une place se libère je suis la prochaine.

Les heures passent… et enfin, la porte de ma chambre s’ouvre… il y a enfin une place ! Une naissance laissant place à une autre… celle de mon enfant.

Il est 13h00 et on me descend au bloc naissance pour m’examiner et procéder aux choses sérieuses… Une sage-femme m’examine, constate que mon col n’a pas vraiment bougé depuis la veille au soir et me dit qu’elle va demander au chef de service pour savoir si on déclenche ou si on attend encore…En attendant, elle me fait un décollage des membranes, afin d’essayer d’accélérer un peu les choses… C’est loin d’être agréable et c’est même douloureux… Mais j’ai espoir que cela fasse accélérer les choses…

Il est 13h30 lorsqu’il vient m’ausculter et me demander ce que je ressens… Niveau douceur j’ai largement connu mieux… un vrai « barbare », le contraire de la délicatesse… m’enfin… il me dit qu’il serait inutile voire dangereux d’attendre vu que la perte des eaux a eu lieu il y a plus de 16h et que le vrai travail ne se met pas en place assez rapidement… ca serait trop d’attendre…

Je suis épuisée mais de savoir qu’enfin les choses vont s’accélérer me rassure tout en me faisant flipper aussi…

Il m’explique que l’on va m’injecter de l’ocytocine et que l’effet se fera ressentir quelques minutes après…

On me transfère donc dans une salle d’accouchement, ma salle d’accouchement…

A ce moment là, et avant l’injection de l’ocytocine, mon col est à 2 doigts larges mais n’est pas encore effacé. Il est 13h40/45 environ lorsque la sage-femme commence à m’injecter ce produit … Elle est très sympa et douce en plus d’être rassurante et honnête quant à la suite…

L’effet ne tarde pas à se faire ressentir… Il est 14h et je ressens mes 1ères vraies contractions douloureuses…. Effectivement, elles n’ont pas la même « gueule » que les autres… et ce n’est que le début ! Le col n’a pas encore vraiment bougé. Elles font mal mais le col s’en fiche… Pendant les 3 heures qui suivent, je sens la montée en puissance de la douleur, celle-ci devenant de plus en plus insupportable. Mes contractions se situent au bas du dos et devant…. Tout le bas de mon abdomen subit cette douleur… mais j’essaie de gérer tant bien que mal, car à chaque nouvelle auscultation de la sage-femme, le col n’est pas encore suffisamment ouvert pour faire la péri.. On pourrait me la faire, mais il serait plus « raisonnable » d’attendre encore un peu… alors tant que je tiens, je prends la décision de les écouter… et j’essaie en soufflant le plus efficacement possible à chaque contraction de gérer l’ingérable…La douleur me mure bientôt dans une bulle où je suis la seule à vivre cette souffrance….Mes deux meilleurs amis sont là, à l’autre bout du couloir, et attendent, espérant que le moment tant attendu arrive…. Mon homme est allé les voir un peu… pour s’aérer aussi car il n’en peut plus d’attendre et de se sentir si impuissant face à ma douleur… Arrive un moment où je veux la péri…je sonne, il faut que quelqu’un vienne ! Et je suis seule ! Personne ne vient, je n’en peux plus… A 17h35, entre deux contractions, je saisi mon téléphone portable et j’envoie un sms à mon conjoint car j’ai besoin de lui, juste le fait qu’il me tienne la main pourrait me soulager, je le sais :

« T’es où!??? Tu peux venir s’il te plait! J’ai trop mal!!! »
Réponse de mon homme : « Je suis là. J’attends qu’on m’ouvre » (le bloc accouchement n’est pas accessible au public). Mes parents arrivent à ce moment là et rejoignent mes deux meilleurs amis…

A 18h00 mes contractions sont terriblement douloureuses et je m’épuise. Une 40ne d’heures que je n’ai pas dormi plus la douleur, je n’en peux plus… Mon col est à 4cm grand max.. La sage-femme nous donne son feu vert pour la pose de la péridurale… enfin ! J’ai hâte ! Je vais enfin pouvoir souffler ! Voire même faire une micro sieste ne serait-ce que de 15 minutes ! Je suis totalement murée dans ma douleur et je suis dans un état comateux second… je ne vis qu’au travers de la douleur… rien n’a d’importance autour de moi, il pourrait se passer n’importe quoi, je m’en fiche, pourvu qu’on me soulage !

Après avoir attendu plus que de raison, à 18h30 la péridurale m’est posé par un infirmier anesthésiste déjanté à l’humour plus que douteux et un médecin anesthésiste qui a tendance à prendre beaucoup trop de choses à la légère…

Ils ne font pas sortir mon conjoint… je suis surprise… (Heureusement ! cf plus bas) Je leur fait part de ma trouille quant à la pose de cette fameuse péridurale, mais ils prennent mon angoisse à la légère… soit… pas grave, pourvu qu’ils me la posent et qu’on en parle plus !

Le médecin anesthésiste me fait mettre assise, dos rond, me prépare le champ, et n’en a que faire de mes propos de souffrance qui l’informent aussi quand une contraction arrive… une péri se pose entre 2 contractions ! Bin lui ne s’en soucie même pas ! C’est moi qui suit obligée de faire signe de la main d’arrêter et/ou de ne pas commencer à piquer car j’en ai une… à ce moment là, je ne parle plus depuis un moment tellement j’ai mal… aucun son ne peut sortir à part des gémissements ! Au lieu de porter attention à ce que j’essaie d’exprimer, l’infirmier anesthésiste critique le matériel, le personnel, bref, très rassurant quand on est une patiente !

Grâce à mon homme qui lui dit quand ne pas piquer, il me pique enfin et je le sens mais ce n’est rien comparé aux douleurs de contractions…Cependant, je me doute que quelque chose ne va pas, car je ressens une douleur « bizarre » pas normale selon moi quand il a piqué…

Selon eux, la péri devrait agir dans les minutes (un quart d’heures environ) qui suivent sa pose…

Les minutes passent et la douleur est toujours présente…. Un quart d’heure… une demi heure…trois quart d’heure… l’effet apaisant et soulageant de la péri se fait enfin ressentir mais à droite seulement……

La douleur n’en ai que plus vive à gauche… et s’intensifie encore et toujours…car en plus je me focalise dessus et sur le fait que la péri ne fonctionne que partiellement…

Après de longues minutes d’attente suite à notre appel, l’infirmier anesthésiste revient à 19h50 et procède au changement de la machine d’injection d’anesthésiant car elle ne fonctionnait pas normalement… Cela ne résout rien et il revient à 4 reprises…. Toujours sans résultats probant du coté gauche.

A 20h, je fais connaissance avec le « binôme » qui m’accouchera… et je retrouve l’auxiliaire puer qui nous avait accueilli la veille aux urgences. La sage-femme et l’auxiliaire sont adorables et le courant passe super bien ! Tant mieux !

A 21h00, devant ses échecs, l’infirmier anesthésiste fait appel au médecin anesthésiste qui procède au repositionnement du cathéter de la péridurale…. Je n’exprime même pas l’état dans lequel je suis… Après le repositionnement, l’effet escompté de la péri commence à fonctionner à gauche aussi maintenant… mon col est alors ouvert à 8/9 cm. L’effet de la péri agit une demi heure puis la douleur revient à gauche… Je redemande qu’elle soit fortement dosée mais il me dit que ce n’est pas possible car à ce moment là mon col est complètement effacé et ouvert au maximum à 10cm, il est 21h30 et je ne recevrais plus de dosage supplémentaire de péri pour bien ressentir les choses…Les paris sont ouverts avec mon homme et l’équipe médicale : j’accoucherai le 28 ou le 29 ? A ce moment, nous sommes quasi tous unanimes… pour le 28…

Arrive l’étape suivante : l’attente que bébé s’engage dans le bassin…ceci pour m’éviter de m’épuiser à pousser pour le faire descendre étant donné que je suis déjà super fatiguée et que mes forces seront nécessaires surtout pour l’expulsion.…

Bébé prend son temps pour descendre, j’adopte toutes les positions nécessaires mais je ne peux pas prendre toutes celles que je veux (ballon, marcher, hapto, etc..) vu que je suis sous monito et surtout parce que je perds toujours les eaux… et que c’est loin d‘être confortable ! Chaussée glissante !

A 23h45, la sage-femme me fait faire un essai de poussée. Mais le bébé n’est pas encore assez engagé dans le bassin pour commencer à essayer de le faire sortir… Re belotte, j’attends, la douleur même si beaucoup moins forte que dans l’après-midi est quand même là… et m’empêche de me reposer…je suis pourtant tellement fatiguée… Vais-je y arriver ? Je me dis alors que je n’aurai jamais assez de force pour faire ce qui reste, le plus dur en termes d’effort !

Le dimanche 29 décembre 2013 à 00h00, les contractions se font de nouveau encore plus douloureuses et se situent dans les reins/bas du dos mais la dose d’anesthésiant ne sera pas augmentée pour faciliter les poussées…

Il est 1h00 du matin quand bébé amorce sa descente dans le bassin… La sage-femme m’installe pour la poussée.

Je commence à pousser en essayant de suivre au maximum les conseils de la sage-femme et de la puéricultrice qui m’encouragent beaucoup. Visiblement, après une 1ère poussée d’essai « ratée », je prends « le truc » et avec une technique super (mon homme met sa main sur mon ventre et je pousse en direction de sa main + la mise en application de l’haptonomie…) En 1/4 d’heure de poussées, mon bébé est là. 2 déchirures mais pas d’épisio… dans le respect de mon projet de naissance…

Je vis alors (nous vivons) des moments surréalistes où je ne peux croire tout ce qui  m’arrive… Ce bébé que l’on me pose sur le torse, qui tête mon sein, ce bébé qui, il y a encore quelques minutes était en moi, ce bébé là est bien le mien et il me regarde fixement dans les yeux… Je suis sa maman… il est mon fils…

 

Il est 1h18, mon tout petit bout est né…

Il pèse 3,650kg pour 52cm et 35cm de tour de tête.

A 1h45, la 1ère « vraie » tétée a lieu.

Au moment de me retirer la péri, l’infirmier me redresse et constate le « massacre »… la tête de mon homme confirme le carnage… j’ai juste maculé de sang l’intégralité du lit avec mon dos… à ce moment là, l’infirmier appelle le médecin pour qu’il vienne constater les dégâts… Effectivement, il y a eu un raté dans la pose de la péri… je me suis vidée de pas mal de sang après le repositionnement du cathéter…. Bref….

 

A 4h30, on me remonte dans la chambre et là, toute la fatigue que nous ressentions a disparu… Un regain d’énergie nous envahit… Nous sommes juste les plus heureux du monde…

Publié dans : Tiboudenou est parmi nous... | le 15 janvier, 2014 |Pas de Commentaires »
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